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Jean LIOT                                                           Abondant, le 20 mars 2008

 

Accident du 13 décembre 2007. Péage autoroute A1 à Senlis.

 

1. Les Faits

 

Le 13 décembre 2007, revenant du département du Nord par l'autoroute A1, j'ai aperçu le panneau (photo 853) avertissant que le péage, dit de Senlis, était à 400 mètres et que la vitesse était limitée à 70 km/h. Je ne roulais pas vite, à moins de 70 km/h vraisemblablement, mais j'ai encore ralenti car je scrutais les barrières de péage de façon à apprécier les éventuelles files d'attente. J’avais l’intention de payer avec de l’argent liquide ou, si la file d’attente y était trop longue, avec une carte bleue. La société qui gère cette autoroute est la Sanef.

 

J'ai aperçu, sur ma gauche, une saleuse jaune. Elle était le long de la séparation, au sol, des voies en direction de Paris et en direction de Lille, c'est à dire sur la file qui va vers la barrière de télépéage la plus à gauche. Elle était sur ma partie d'autoroute, dans un sens de marche vers le nord, c'est à dire à contre sens ; elle démarrait lorsque je l'ai aperçue. Je ne m'en suis pas préoccupé et j'ai continué ma progression vers les barrières de péage situées sur la droite. J'étais plus proche de la droite de l'autoroute que de sa gauche.

 

Soudainement, j'ai vu la saleuse, sur ma gauche, à une dizaine de mètres de moi, presque perpendiculaire au sens de circulation, légèrement en retrait, arrivant à toute allure. Je ne pouvais rien faire pour l'éviter car j'ai compris qu'elle voulait passer devant moi. J'ai freiné, mais ce freinage n’a été efficace que sur un mètre ou deux ; j’avais les bras tendus et crispés sur le volant, pour éviter que ma tête n'aille heurter le pare-brise. La voiture a légèrement pivoté sur la droite.

 

J’ai eu le temps d’apercevoir le côté droit du fer en U qui constitue le pare-chocs avant de la saleuse ; j’en étais à une distance très courte et j’ai pensé que je l’avais heurtée à cet endroit, ce que j’ai expliqué aux gendarmes qui sont arrivés quelques instants plus tard. Ils m’ont répondu que j’avais heurté la roue arrière droite de la saleuse avec mon phare avant gauche car des morceaux de verre de ce phare se trouvaient toujours dans la jante de la roue. Le pneu portait des traces du choc. J’ai photographié cette roue avec les morceaux de verre. Le coin avant gauche de la 205 s’est encastré dans la cavité de la jante de la roue de la saleuse et s’y est écrasé.

 

Je suis sorti de la voiture immédiatement, pour éviter un éventuel incendie. Il y avait deux petites voitures de la Sanef ; une derrière qui installait des cônes plastiques oranges pour signaler l’accident et une seconde sur mon côté gauche. Vraisemblablement, elles accompagnaient la saleuse ; il s’agit d’un 29 tonnes rempli de sel qui s’apercevait à sa partie supérieure. Lorsque j'ai pris des photos, la saleuse n’était plus dans le sens perpendiculaire à celui de la circulation mais devant la 205, dans le sens normal de circulation ; la saleuse avait tourné d’un quart de tour. Du sel  était répandu sur quelques mètres, devant ma 205, pour faire croire qu'elle était en plein travail, avançant dans le sens de la circulation. Il n'y avait pas de sel sur la zone du péage et je n'en avais pas vu sur l'autoroute, depuis le département du Nord. Il n'y en avait qu'une bande étroite devant mon véhicule.

 

J’ai signalé aux gendarmes que j’avais heurté, avec mon thorax, une boule, fixée sur la partie basse du volant, que j’utilisais pour manœuvrer. Je leur ai demandé de faire un constat ou un procès-verbal de l’accident ; ils ont refusé car j’étais sur mes deux pieds. Je leur ai précisé que je pouvais avoir une hémorragie interne ; en vain. Je n’ai pas insisté. J’ai pris de nombreuses photos.

 

Une dépanneuse est venue récupérer l’épave de la 205. Le dépanneur a noté sur sa feuille de route qu’il a été sollicité le 13 décembre à 20 h 45 et qu’il est arrivé à 21 heures. Il faisait froid et nous sommes convenus, avec le chauffeur et les autres employés de la Sanef que nous irions rédiger le constat dans leurs locaux. Je suis reparti avec le dépanneur et nous sommes allés à la Sanef. Le chauffeur n’était pas là et c’est un de ses collègues, plus jeune, qui a rédigé un constat fantaisiste, avec une saleuse que j’aurais heurtée à l’arrière droit, alors qu’elle aurait avancé dans le sens normal de circulation.

 

Sauf s'il accompagnait la saleuse en la suivant, il n'avait pu être témoin de l'accident. Il a noté qu'il y avait un "léger choc", ce qui est absurde vu l'écrasement de l'avant gauche de la 205, cette partie de la saleuse étant beaucoup plus fragile que la roue que j'ai réellement heurtée. Je suis reparti avec le dépanneur jusqu’à son garage. Il a téléphoné à Mondial Assistance. Un taxi est venu me chercher et m’a emmené chez AVIS auquel j’ai loué une voiture.

 

Je suis ensuite allé à la gendarmerie de l’autoroute et j’y ai rencontré les deux gendarmes vus lors de l’accident. Je leur ai précisé que j’avais l’intention d’aller à l’hôpital de Senlis ; ils m’ont expliqué où il se situait. Je l’ai cherché puis j’ai choisi d’aller me faire examiner aux urgences de l’hôpital Ambroise Paré (Boulogne-Billancourt). Je voulais aussi leur parler de l’accident et ils m’ont confirmé, l’un et l’autre, que j’avais heurté la roue arrière droite du camion qui circulait perpendiculairement au sens de circulation, ce qu’ils confirmeraient s’ils étaient sollicités, sous-entendu par la Justice car, n’ayant pas rédigé de procès-verbal, seule la Justice  peut désormais leur demander des explications.

 

Je suis arrivé à Ambroise Paré, le 14 décembre à 1h18 ; j’en suis reparti à 2h53. Je n’avais subi aucun dommage sérieux. La violence du choc a quelque peu secoué mes vertèbres cervicales et j’ai été confronté à une crise d’arthrose d’une violence encore jamais rencontrée ; je ne pouvais pas tourner la tête d’un degré  sans souffrir ; elle s’est résorbée dans les semaines qui ont suivi.

 

2. Sur le constat amiable rempli dans les locaux de la Sanef

 

Le chauffeur de la saleuse n'est pas venu dans les locaux de la Sanef, pour remplir le constat amiable. C'est un de ses collègues, plus jeune, qui s'est présenté. Je m'en suis étonné ; ce collègue n'a pas su répondre. Il m'a précisé que la signature était du chauffeur… J'ai oublié de lui demander s'il avait été témoin de l'accrochage

 

Il a rempli la partie gauche du constat et a précisé le nom du conducteur de la saleuse. Il a réalisé un dessin avec un véhicule –le mien- qui aurait heurté la saleuse à l'arrière droit. Je lui ai précisé que cela ne correspondait pas à la réalité et que la saleuse avançait perpendiculairement au sens de circulation. Il m'a répondu qu'il remplissait sa partie comme il l'entendait. S'il avait été présent, il aurait remarqué que j'avais pris de nombreuses photos (28) et il aurait su que j'avais des éléments pour contrer ses dires. Il a peut-être été envoyé pour remplir un constat inexact, ce que n'aurait pas su faire le chauffeur de la saleuse. Pour être plus convaincant il a précisé "Léger choc barre anti encastrement". La barre en question n'a subi aucun choc et était en parfait état (photo). Compte-tenu du contexte de l'après accident, je me doutais que je me heurterais à des comportements mensongers et que mes nombreuses photos me seraient utiles. Je n'étais pas en situation facile, la Sanef tentant de dégager sa responsabilité, raison supplémentaire pour faire des photos ; mais je n'avais pas prévu que la Sanef puisse avancer de telles contrevérités. Je n'ai pas discuté les inexactitudes de son schéma. Il a en outre précisé : "Saleuse Sanef signalisation conforme. Affichage PMV + indication radio salage en cours"

 

J'ai rempli la partie droite en dessinant ma 205 heurtant la saleuse à hauteur de la roue arrière droite. J'ai précisé le sens de circulation et "Le conducteur a tourné d'un quart de tour après le choc et a répandu du sable sur une dizaine de mètres après le ¼ de tour (photos à l'appui). J'ai aussi précisé les dégâts apparents : "Avant gauche Choc avant" et l'observation suivante : "La saleuse avançait transversalement au sens de circulation".

 

3. Explications

 

Selon l'employé de la Sanef, la saleuse avançait dans le sens de la circulation, en direction des péages et je l'aurais heurtée à l'arrière droit avec mon avant gauche ; la saleuse n'aurait subi qu'un léger choc au niveau de sa barre anti-encastrement. Les photos repérées 836, 844 et 855 confirment que la saleuse n'a effectivement subi aucun dommage sur son arrière droit. Les photos 838, 840, 848 et 860 montrent un avant de 205 complètement écrasé.

 

Il est évident que, avec cet avant, la partie arrière droite de la saleuse, composée de pièces fragiles, ne pouvait s'en tirer sans dommages. Démonstration est ainsi faite que le choc n'a pu se faire tel que l'a prétendu le collègue du chauffeur de la saleuse. Ce rédacteur a donc dessiné un schéma inexact du choc et a bien précisé que le dessin était de la Sanef. Il a menti.

 

Lorsque j'ai rempli la partie droite du constat, j'ai précisé que la saleuse avançait transversalement au sens de circulation et j'ai dessiné un schéma conforme. Dans les quelques dixièmes de seconde qui ont précédé le choc, la dernière vision que j'ai eue a été le côté droit du pare chocs avant de la saleuse –photo 833- et j'étais persuadé avoir heurté la saleuse au niveau de ce pare chocs. Ce sont les deux gendarmes auxquels j'ai raconté cela qui m'ont détrompé et m'ont assuré que j'avais heurté la saleuse au niveau de la roue la plus arrière ; pour m'en convaincre ils m'ont montré que les éclats de verre du phare se trouvaient dans la jante creuse de cette roue arrière, ce que j'ai immédiatement constaté avec eux. Les photos 854 et 856 montrent la jante avec les éclats de verre. La jante et le pneu n'ont subi aucun dégât, mais le pneu porte les traces du choc.

 

Le doute n'est donc plus permis et le choc s'est bien produit entre deux véhicules avançant perpendiculairement l'un par rapport à l'autre. Les photos 839 et 840 de ma 205 après l'accident montrent que j'avançais dans le sens du flot des véhicules se dirigeant vers le péage. C'est donc la saleuse qui avançait perpendiculairement au flot des véhicules. Elle était en retrait par rapport à moi, sur ma gauche, car je ne l'ai vue que lorsqu'elle s'est trouvée à une dizaine de mètres de moi. Elle avançait sans la moindre protection, très rapidement, bien que, semble-t-il, accompagnée de deux petits utilitaires qui devaient la suivre et qui étaient là lorsque je suis sorti de mon véhicule.

 

La photo 836 montre qu'il n'y a aucune trace de sel sur le sol autour de la saleuse alors que les photos 838, 839, 840, 858, 859 montrent que les seules traces de sel sont déposées devant ma 205, sur quelques mètres. Il n'y avait aucun dépôt de sel sur la zone du péage. Il y a d'ailleurs un sérieux doute sur le sel déposé devant mon véhicule ; il n'a pu l'être par la saleuse et a vraisemblablement été déposé, à la pelle, après l'accident. La photo 837 montre la taille de la saleuse ; la photo 843 montre son avant avec le numéro minéralogique 9608 WJ 60. Après le choc il y a donc eu une mise en scène pour faire croire que la saleuse était en pleine activité de salage. Cette mise en scène a d’ailleurs commencé bien avant. J’ai effectivement vu les panneaux lumineux de signalisation « Salage en cours » ; mais il n’y a eu aucun salage, entre Valenciennes et Senlis, sauf à admettre que le sel aurait été répandu après mon passage… Il s’agissait donc de disculper, prématurément, le chauffeur de la saleuse.

 

Photos jointes : IMG 0833, 0836, 837, 838, 839, 840, 843, 844, 848, 853, 854, 855, 856, 858, 859, 860.

 

4. Conclusions

 

Je ne roulais pas vite -moins de 70 km/h-, ce qui m’a permis un choc à faible vitesse, avec la saleuse; vraisemblablement entre 30 ou 40 et 60 km/h. En outre, j’ai heurté une roue arrière avec le coin avant gauche de ma 205 qui s’est encastré dans la cavité de la roue de la saleuse et a rendu l’arrêt plus progressif. A 70 km/h, la mort était probable, la décélération étant trop violente. Un 29 tonnes chargé est l'équivalent d'un mur en béton.

 

Les circonstances de l'accident sont établies par les photos. Le chauffeur devra préciser les raisons pour lesquelles il traversait le péage transversalement, alors qu'il ne répandait pas de sel et qu'il n'en aurait répandu que devant moi, sur quelques mètres, après avoir pivoté de 90 degrés.

 

La saleuse est intervenue sans la moindre sécurité, perpendiculairement au sens de circulation, alors qu'elle n'est pas un véhicule prioritaire. En effet, les saleuses sont à classer dans les véhicules, d'intérêt général, prioritaires sous quelques conditions. L'article R. 432-1 du Code de la Route stipule que les "… véhicules d'intérêt général (sont) prioritaires lorsqu'ils font usage de leurs avertisseurs spéciaux dans les cas justifiés par l'urgence de leur mission et sous réserve de ne pas mettre en danger les autres usagers de la route."

 

L'avancée transversale de la saleuse par rapport au sens de la circulation ne répondait pas aux dispositions de cet article. Elle était particulièrement dangereuse puisque je l'ai heurtée entre environ 40 et 60 km/h sur sa roue arrière droite. Que faisait cette saleuse, avançant perpendiculairement au sens de circulation de l'autoroute. Certes, des panneaux lumineux avaient annoncé "salage en cours" ; mais le problème est qu'il n'y a eu aucun salage ce soir là et que le seul sel qui a été déposé dans les quatre cent mètres précédant les barrières de péage l'a été devant ma 205, après l'accident, sur quelques mètres…!

 

Le collègue du chauffeur de la saleuse a précisé, sur le constat amiable, que la signalisation de la saleuse était conforme et qu'il y a eu un affichage "salage en cours". C'est exact. Mais, à part la saleuse qui m'a coupé la route transversalement au sens de circulation, je n'en ai pas vu une seule entre le département du Nord et Senlis. Selon la station Météo France de Creil, les conditions sur Senlis étaient les suivantes, avec une température comprise entre 2° et 2,2 °C, entre 20 et 21 heures :

"Le ciel est couvert par nuages bas de type stratus et aucune précipitation n'est enregistrée."

 

Même si l’atmosphère avait été humide, compte-tenu du roulement des véhicules, le sol était sec et il n'y avait pas de verglas et pas de salage.

 

Manifestement, les circonstances de l'accident ne sont pas fortuites. Si la saleuse était arrivée perpendiculairement à la circulation, je l'aurais vue avant qu'elle ne soit qu'à une dizaine de mètres de moi. Elle était en retrait et a dû me rattraper pour passer devant moi afin que je sois le responsable du choc. Lorsque la saleuse a démarré, j’étais pratiquement à sa hauteur. Elle a dû tourner sur place d’un quart de tour, pour avancer transversalement au sens de circulation, et me rattraper. Comment le chauffeur de la saleuse a-t-il fait pour ne pas me voir ?

 

Il s’agit bien d’une tentative d’assassinat, orchestrée par les Renseignements Généraux avec la collaboration de la Sanef. J’ai eu deux fois de la chance. D'une part, parce que je ne roulais pas vite ; mais aussi pour une autre raison on ne peut plus fortuite. Je me suis abonné au télépéage à la Sapn en novembre 2003. Le boîtier que l’on dispose sur le pare-brise, sous le rétroviseur, a toujours fonctionné ; la dernière fois que je l’ai utilisé sans problème est août 2007. Quand, le matin du 13 août, j’ai pris l’autoroute A1 pour aller dans le Nord, le boîtier n’a pas fonctionné lors de mon passage au télépéage de Senlis. J’ai dû faire marche arrière pour aller sur la droite de l’autoroute ; je suis passé à une barrière réservée aux poids lourds. Je suis ensuite allé au bureau de la Sanef, espérant y faire réparer mon boîtier télépéage, ce qui me fut refusé car ledit boîtier venait de la Sapn. Je suis reparti avec mon boîtier inutilisable.

 

Le soir, j’ai pris l’A1 à Valenciennes avec l’intention de payer avec de l’argent liquide ou une carte bleue. Mais la Sanef, qui tenait des Renseignements Généraux que je passais toujours au télépéage, ne savait pas que mon boîtier était en panne. Ils m'attendaient donc, sur la gauche, près de la file du télépéage, avec leur saleuse à contre sens. Le chauffeur n’aurait eu qu’un bref coup de volant à donner pour me heurter en me coupant la route, de face ; je serais certainement arrivé à 70 km/h car, lorsque je passe au télépéage, je n’ai aucune question à me poser ; je prends la file de gauche et je ralentis tardivement car la file d'attente est courte. La mort était immédiate. Le chauffeur de la saleuse a donc eu un trajet à parcourir –plus de 200 mètres- avant que je ne le heurte, raison pour laquelle il roulait vite lorsqu’il est arrivé à ma hauteur. A mon arrivée dans la zone du télépéage, j'ai aperçu sa saleuse qui démarrait car il a été prévenu tardivement, par téléphone vraisemblablement, de mon arrivée sur la droite de la zone alors qu'il m'y attendait sur la gauche.